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Ils n'ont rien vu - Andrea Mara

  • Photo du rédacteur: deslivresetmoi72
    deslivresetmoi72
  • 25 mai
  • 4 min de lecture

Je lis peu de romans policiers, mais de temps en temps, j’apprécie et celui-ci m’a cueillie à la caisse de ma librairie de référence ! J’ai bien fait de céder à cet achat impulsif, car j’ai vraiment passé de très bons moments de lecture. C’est une belle enquête, bien ficelée, et un polar « gentil », dans le sens où il évite l’accumulation de violence, de morts, de sang et d’horreur tout en gardant le lecteur en haleine de bout en bout avec un suspense qui monte en puissance au fil des pages.

Pour ne rien divulgâcher, je ne vais pas m’étendre que l’intrigue très bien décrite en quatrième de couverture : « deux enfants montent dans le métro, une seule en descend … » Le cauchemar de tout parent sur un quai bondé : les enfants montent, les portes se referment laissant le parent sur le quai. C’est ce qui arrive à Sive un matin à l’heure de pointe dans le métro de Londres : ses deux filles s’engouffrent dans le métro, mais à la station suivante, seule la cadette est retrouvée. L’aînée, qui n’a que 6 ans, semble s’être volatilisée…L’enquête commence pour la retrouver ! Irlandais, Sive et Aaron sont à Londres avec leurs 3 enfants pour la rencontre annuelle d’Aaron avec ses anciens colocataires. Ensemble, ils se remémorent leurs souvenirs, parlent de Yasmin décédée dans un incendie à cette époque…et surtout, passent leur temps à essayer de se prouver qu’ils ont mieux réussi que les autres !  Au fil de l’enquête, les masques tombent dans leur entourage et si on devait résumer en une phrase, elle réalise que « Tout le monde ment ! ».

 

Extrait page 1 - Début

Si seulement Sive avait retenu ses filles, si seulement elle ne les avait pas encouragées à marcher devant.

Si seulement sa rédactrice en chef n’avait pas choisi cet instant précis pour l’appeler. Si seulement elle n’avait pas ralenti le pas pour consulter son téléphone.

Si seulement elle avait préféré le porte-bébé au landau chic mais encombrant, idéal dans la banlieue de Dublin mais totalement inadapté au métro londonien par ce pluvieux lundi matin estival.

Si seulement.

Comme souvent, ce n’est pas un seul événement, une seule décision ou un désalignement des planètes qui est à l’origine d’un malheur, mais une myriade de petits incidents survenus tout au long de la matinée.

 

Extrait page 81

La vidéo est désormais en ligne et le téléphone de Jude ne cesse de s’illuminer de notifications. La photo de Sive a déjà été retweeté quatre cents fois. Une douzaine de messages privés lui assurent qu’elle fait du bon travail. Six autres lui reprochent de capitaliser sur le traumatisme d’une mère. Elle soupire. Elle ne pensait pas que sa journée commencerait comme ça. Puis elle écrit un message à sa rédactrice en chef.

 

« La vidéo de Sive a bien été mise en ligne sur les réseaux sociaux, et tu devrais avoir reçu mon article de tout à l’heure. J’espère pouvoir être de retour au tribunal dans l’après-midi. Peux-tu demander à quelqu’un de me remplacer ? Sive est à fleur de peau. Elle fond en larme, etc. C’est compréhensible, bien sûr ; mais est-ce possible d’envoyer quelqu’un de … plus patient ? »

 

Elle se dirige alors vers l’escalator, le regard toujours rivé sur son téléphone, avant de se retourner pour s’assurer que Sive la suit. Mais cette dernière est immobile au milieu de la foule qui défile, le téléphone rivé à l’oreille. Jude observe, curieuse, son visage se déformer en écoutant la personne au bout du fil, passant de l’espoir au choc, puis à la terreur.

 

Extrait page 126

-          Comment se débrouille ta baby-sitter ? demanda Nita.

-          Tout va bien. Je peux enfin me détendre, maintenant.

Sive prit son verre de vin et but une gorgée.

-          Je ne peux pas imaginer confier le mien à une baby-sitter, et certainement pas à quelqu’un que je connais à peine. Tu es très courageuse, Sive.

-          Ah, écoute, je pensais connaître tout un tas de choses à ne pas faire en tant que parent. La télévision. Les sucettes. McDonald’s. Le sucre. Les cadeaux, ajouta, Sive en prenant une nouvelle gorgée de vin, puis en haussant les épaules en direction de Nita. Et puis, j’ai eu des enfants !


Extrait page 167

Ses paroles étaient empreintes d’affection, mais dissimulaient autre chose, se dit Sive. De l’irritation, peut-être ? Elle n’avait pas encore bien saisi la dynamique de ce groupe d’anciens colocataires. Ils étaient mal assortis et ne semblaient pas avoir grand-chose en commun ; ils ne seraient certainement pas devenus amis s’ils s’étaient rencontrés aujourd’hui. Mais c’est souvent comme ça, supposa-t-elle : elle aurait pu dire la même chose de ses collègues à son premier poste de journaliste. A l’époque, ils se fréquentaient beaucoup, mais ils ne seraient pas devenus amis aujourd’hui. Pourtant, ils se réunissaient tous une fois par an pour boire des pintes et se remémorer leurs souvenirs communs, unis par les liens du passé. Pour être honnête, c’était la même situation avec ses amies de l’université.

 

Extrait page 357

Dave était toujours désireux de faire plaisir, mais il aimait par-dessus tout remettre les gens à leur place. Mettre les puissants à genoux. Pour qu’ils se rendent compte qu’ils ne valaient pas mieux que les autres. S’il pouvait aider une innocente à éviter la prison et, par la même occasion, humilier un riche banquier d’affaires, alors Dave était partant.

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